mardi, octobre 18, 2005

deux pas sur la route de l'hiver

Au pays de l’ogre c’est aussi l’automne, c’est aussi le 18 octobre 2005.

Et c’est aujourd’hui que l’ogre a remarqué un poil blanc dans sa barbe de 10 jours…
Il l’a remarqué dans le miroir des toilettes de l’administration ou il fait parfois des remplacements.
Le poil blanc perdu au milieu de ses potes châtains, de ses frères roux.
Le poil blanc qui rends l’ogre étranger à lui-même depuis ce matin.
Le tout petit poil blanc.

En arrivant à son vrai boulot l’ogre jette un œil distrait sur le courrier du jour et il tombe sur un catalogue de jouets pour noël. Un vrai, bien épais avec des pères noëls et de la neige dessiné dessus et des photos de gamins roses et niais dedans.
Déjà.

Conclusion : cauchemar du changement & cauchemar de la répétition.

dimanche, octobre 16, 2005

les cahiers litteraires de l'ogre (octobre 05)

1. L’Ogre n’a pas la télé chez lui mais il l’allume une fois tout les trente-six du moi quand il est au travail et quelle ne fut pas sa surprise en voyant Christine Bravo donnant une leçon de style à Salam Rushdie.
Les yeux de l’ogre sont grands ouverts et ses oreilles dépliées : il ne sait pas si il est bluffé par le culot monstre de cette femme ou par sa connerie monumental.
L’ogre n’aime pas la prose de Rushdie car il la trouve trop vieillotte, trop ampoulée mais il se dit qu’il aimerait bien (quand même) avoir le même talent.

L’Ogre se dit que si « on a tout essayé » devient aussi culte que certaines émissions de Pivot avec un Bukowski ivre mort il va falloir qu’il repense ses priorités.


2. Maman Ogre s’occupe de la bibliothèque du village qu’elle habite et c’est ainsi qu’à la fin moi d’août elle mit dans les mains de son fils « Rien de grave » le deuxième livre de Justine Levy (fille de Bernard Henri).

Tout de suite l’Ogre hurle et part en tempête se retenant quand même de déchirer ce livre puisqu’il appartient à la communauté. Après s’être calmé, après avoir regardé le livre de biais il décide de se faire couler un bain et d’amener le livre avec lui dans la mousse.

Que tout le monde se rassure, quand l’ogre s’embarque dans des opérations de lecture dans la baignoire le livre accompagnateur ne subit …. Rien de grave grâce a une technique qui s’améliore depuis trente ans.

Finalement la première partie du livre est plutôt pas mal. L’ogre s’est entièrement identifié à cette fille qui se fait larguer et don la vie s’écroule.
L’impression que chaque mot était de lui ou pour lui l’a beaucoup séduit. Le style, sans être inoubliable ou même reconnaissable parmi cent, est pas mal.

L’ogre ne comprend la polémique autour du bouquin lors de sa sortie. Si il n’avait pas lu dans les journaux que Justine Levy racontait en fait comment Carla Bruni lui avait piqué son mec il ne l’aurait jamais deviné.
L’ogre trouve qu’il n’y a rien de dérangeant dans cette partie là de l’histoire sûrement parce que le déchirement amoureux et la bassesse humaine sont universels.
Là ou les choses se compliquent c’est quand l’héroïne, après trop amphétamines part en cure de désintoxication et de repos, car a ce moment là, le livre ressemble plus à un témoignage qu’a un roman.

L’ogre n’avait pas envi de lire ce genre de confessions et il a donc fermé le bouquin avec l’impression d’avoir commencé a participer a un truc au quel il ne voulait pas.

3.

L’Ogre se souvient toujours avec émotion sa découverte de Philip Roth grâce à des titres comme Ma vie d’homme, Le sein ou Professeur de Désir.
C’est donc avec enthousiasme qu’il prit à la bibliothèque La bête qui meurt…. Heureusement que c’est un roman qui se lit vite car il est vraiment décevant. Ces mémoires d’un Don Juan prof de faculté ont laissé l’ogre de marbre.
Il y a quelques pages (celle ou il décrit les seins puis le cancer de son amante cubaine) qui valent le coup d’être lus sinon ça ne décolle pas.

L’Ogre a eu l’impression de lire du sous Saul Bellow.
L’ogre a eu l’impression que Philip Roth a essayé de faire du Saul Bellow et qu’il en résulte une sorte de vulgarité intellectuelle.
Il parait que son bouquin de 2002, La Tâche, est pas mal.

4. Alors que l’ogre était parti à la recherche d’un livre de Roald Dahl pour son amie S. il s’est acheté « ah sweet mystery of life » du même auteur.

C’est un recueil de nouvelles ayant pour toile de fond la campagne. L’auteur, par son style, son humour noir et son imagination débordante arrive à intéresser son lecteur à des choses pas évidentes.
C’est bien sur moins percutant que ses nouvelles éditées sous le titre de kiss kiss ou bizarre bizarre mais si vous tombez dessus ouvrez le par curiosité.

A cette même période l’ogre avait lu deux « short stories » de Sadie Smith pas très convaincante. Elles étaient introduite par une « author’s note » pas mal mais l’ogre en a déjà parlé dans ce blog.

5.

Quand l’ogre est parti à Toulouse le moi dernier il a essayé de lire un roman de Marc Levy (rien à voir avec Justine ou Bernard Henri) mais il a définitivement abandonner après la quinzième minute. C’était tout simplement vide.

L’ogre n’a rien compris à ce début d’histoire d’un spécialiste de la peinture russe. Peut-être qu’il a abandonner trop vite avant d’être entraîner « de Saint-Petersbourg à Boston, de Londres à Florence et Paris, dans une histoire où amours et énigmes défient le temps » (c’est la critique de Pierre Vavasseur dans le Parisien).

La prochaine fois…..peut-être.

vendredi, octobre 14, 2005

en attendant des jours meilleurs



En attendant des jours meilleurs voici la dernière scène du spectacle créé au moi d’avril 05 à Nîmes. Le texte est de votre serviteur…. Sinon quelques photos de l’odyssée espagnole sur le site des photos de l’ogre (www.u-blog.net/elogrotercograph/)


L’homme décapuche un stylo à encre et fait couler de l’encre sur un des draps bien propre et bien pliés.

Homme:
Il y a une tache là.

Femme :
Tu es de mauvaise fois. Tu crois que je n’ai rien vu.

Homme :
Il y a une tache là.

Femme :
Je n’y crois pas. Quand je pense que nous avons vaincu ensemble pendant plus de cinq moi. Quand je pense que je t’ai donné plus qu’a la plus part des filles avec qui je suis sortie. Oui nous avons été un couple figure toi.

Homme :
Je ne crois plus au couple, à cette intimité monstrueuse. L’intimité du couple devrait être ton corps ouvert contre le mien. Mais non. L’intimité du couple n’est pas une géographie merveilleuse.

Femme :
Mais alors c’est quoi notre intimité? Qu’avons-nous su construire.

Homme :
L’intimité du couple c’est le lavabo sale, mais pourquoi est-ce que les clefs de la voiture traîne sur la table basse au lieu d’être pendues au clou. Je n’ai pas envi de laver ton linge sale et encore moins le repasser.

La femme va chercher une mini bouteille de champagne dans une boite qui fait office de frigo. Elle boit.

Tu zones en culotte à la maison pendant que je suis au travail. Mais putain jamais tu ne nettoie le frigo, ta mère elle ne t’a jamais appris ?

Femme :
Je t’en pris. Tout ce que tu veux mais pas devant les enfants.

Homme :
Lesquels ?

Femme :
Lesquels ? Et bien nos trois garçons : Riri, Fifi et Loulou.

Homme :
J’ai une amie qui n’aimais pas son grand-père et qui ne savait pas trop pourquoi. Elle compris un jour qu’il avait abusé d’elle quand elle était vraiment toute petite. Maintenant il est tout vieux, presque mort alors qu’elle est belle et épanouie. C’est elle qui a gagné.

Femme :
Peut-être que le petit corps d’enfant de ta copine à connu l’intimité de son grand –père mieux que quiconque. Je trouve ça dingue de pouvoir connaître les plis cachés de son grand-père.

Homme :
Je crois que nous tombons tout les deux amoureux de personne ayant un lourd passé.

Femme :
J’ai horreur des plis. Je m’applique et pourtant il y a souvent des plis sur mes draps et dans mon couple. Alors j’utilise beaucoup le pouvoir immense de la vapeur. Je ne sais pas pourquoi j’ai besoin de donner une façade à mon couple. Je crois que c’est pour cacher notre intimité. Mais notre intimité transparaît quand même. Je me cache et je m’isole dans mon couple et pourtant tout le monde sait que c’est dur un couple. Je ne suis pas quelqu’un de facile et je ne vis pas avec une personne facile. J’ai///

Homme :
Tu a été violé souvient toi.

Femme :
Aide moi.

Homme :
Pourquoi

Femme :
Parce que c’est comme l’amour, c’est plus facile à deux.

Homme :
Putain c’est galère.

Femme :
C’est pourtant simple. Tu pinces ton bout de housse de couette avec ta main gauche ensuite tu prends le coin de la couette et tu la mets dans la housse de couette. Après tu tires la housse avec des petits mouvements sec et cela devrait presque glisser tout seul.

Homme :
Je fais la vaisselle et tu essuies.

Femme :
Toi et moi nous ne sommes pas un couple.

Homme :
Nous sommes un couple d’homosexuel. Nous aussi nous avons nos amertumes, nos désillusions.

Femme :
Non j’essuie et tu fais la vaisselle. Mes amours finissent toujours par ressembler à des pièces comptables.

Homme :
Il y a une tache là.

Femme :
Dans ma vie. Il y a des morts et des vivants. Ils se mélangent. Ils font ce que je suis.

Homme :
Je suis le mélange de deux intimités. Je suis la chair de la chair de mon papa et de ma maman.

Femme :
Je suis le mélange de deux intimités. Je suis la chair de la chair de ma mère mais pas de mon père. Je ne connais qu’une moitié de mon intimité. L’autre moitié est un vaisseau aux grandes voiles déchirées et à l’équipage amnésique, qui traverse l’espace. Personne à bord ne se souvient du début, de la raison du départ.
Quand je regarde mon arbre généalogique je m’aperçois que je suis le résultat d’un nombre hallucinant de fausses rencontres et d’amours antinomiques.
J’ai trente ans. Mon père est mort et je ne me souviens pas avoir épousé ma mère. Est-ce que cela veut dire que j’ai réglé mon oedipe ?
Mon frère est mort. Je n’ai rien fais d’héroïque pour que son corps repose en paix. Est-ce que cela veut dire que j’ai réglé mon Antigone ?
Mon amant est mort. Je l’ai accompagné sur quelques mètres. Je l’ai laissé partir et je suis remonté sans lui. Est-ce que cela veut dire que j’ai réglé mon Orphée ?
Je suis tombé amoureux de deux ou trois personnes. Je suis entré comme un chien fou dans leur intimité alors que celle-ci était une sorte de temple. J’ai souvent profané leurs nuits. Je crois qu’ils ne me tiennent pas trop rigueur de ces saccages. Est-ce que cela veut dire que j’ai réglé mon Iodama. ?
Je ne sais pas.


Homme :
J’aurai tellement voulu vous raconter autre chose.

Femme :
J’aurai tellement voulu être amoureux pour pouvoir vous raconter autre chose.


F I N
DEBALLAGE
(Nos intimités)
Petit assemblage de phrases psychotiques ne devant pas dépasser une heure.
Dec 04- fev 05

mercredi, octobre 12, 2005

horloge parlante


Il y a un an tout rond qu'il est mort.
le 12 octobre 2004 vers les six heures du matin à la clinique Pasteur.
Je trouve que mourir dans une clinique ça fait un peu de droite.
J'aime les agendas, les emplois du temps et les journaux intimes....ça me structure.


l'ouragan et le souffle

I have been there.
I have done that.
Je n’arrive pas à classer mes émotions (une fois de plus).
Je n’arrive pas à faire le tri entre rêves et projets, entre ce qui vient de la tête et ce qui vient du ventre.

( une fois deplus)

Je n’arrive pas à classer alors que j’ai eu tout le temps de le faire cette nuit ou je ne suis pas arrivé à dormir.

I have been there.
I have done that.
Et cela ne donne pas envie de faire un inventaire.
C’est même plutôt glauque.
Je suis broyé par ma propre vie.
Je suis une respiration qui se construit et se défait sans grande conséquence, plutôt souffle qu’ouragan.
Il faut écrire une histoire sur cela, sur une colère qui voudrait être ouragan mais qui n’est que souffle.


I have been there.
I have done that.
I ‘m fed up.

chute

Je suis totalement anxieux.
La « descente » des vacances est terrible.

Je m’esquinte la peau à force de me gratter. J’ai pris une douche en rentrant chez moi et depuis je me dis que je ne suis plus habitué à l’eau et que forcement ça gratte. C’est un pur délire mais je n’arrive pas a me calmer même en me convainquant du ridicule de la scène et de ce post que je suis entrain d’écrire.
J’ai aussi des pointes au cœur, je repense à mes larmes le matin quand je devais aller à l’école, ou les angoisses qui me prenaient entre la cité-U et la fac à l’époque ou j’ai essayé de faire des études supérieures.
C’est le milieu de la nuit et je me sens très triste.

Je n’ai qu’une envie c’est me jeter sur le lit et pleurer.

Demain je retourne au boulot: il me semble n’avoir jamais connu une réalité aussi violente.

Je reprends un boulot con avec des horaires complètement décalés et où je ne rencontre personne d’intéressant dans une ville qui m’étouffe.
Je n’ai aucun diplôme pour faire autre chose. Je ne sais surtout pas vers quoi m’orienter et je flippe à l’idée d’avoir le même boulot deux ans de suite.
Je sais aussi, pour des raisons que je n’ai pas envi de développer ce soir, que je ne pourrais jamais vivre de ma passion. Je ne trouve pas le juste milieu entre l’immobilisme et la dispersion.

Avant de rendre l’antenne je voudrais rajouter trois trucs à propos du post sur mon père :

1.

écrire une telle lettre n’as pas changé grand-chose. Je me suis senti étrangement bien , presque fière, pendant deux jours puis je n’ai pas arrêter d’y penser.

2.
Je lis rapidement un poème de Tristan Tzara et je tombe en plein dans le jeu de mot imaginé par l’auteur si bien que j’ai du le relire deux fois pour être sur qu’il avait bien écrit « laine » et non pas « haine ».

d’une enfance tendrement
je dis la laine
ta main dans la main
ma voix se perds

3.

Le héros, d’après Freud, est celui qui se révolte contre l’autorité paternelle’ et le père, et finit par les vaincre. Ce fut le cas avec mon père qui m’aimait tant. Mais il put m’aimer si peu dans sa vie que, maintenant qu’il est au ciel, il est au sommet d’une autre tragédie cornélienne : il ne peut être heureux que parce que son fils est devenu un héros à cause de lui.(Salvador Dali ; journal d’un génie)

Voilà je ne suis pas un héros.



J’ai l’impression de tapiner dans une ville en ruine.

J’ai l’impression de ne pas avancer, de ne pas avancer depuis longtemps et d’être responsable de cette immobilité.
Je n’arrive pas à sortir du labyrinthe seul.
Je me suis aperçu aujourd’hui que à chaque fois que je ris j’ai les yeux humides de larme.
Ce n’est pas une chose dramatique mais c’est juste que je ne sais pas rire autrement.

J’ai l’impression de n’avoir qu’une pelote de nerfs à l’intérieur du crâne, que toutes les connexions internes sont qu’un immense bordel.
Une pelote de nerf qui tapine dans une ville en ruine.

vendredi, octobre 07, 2005

les eaux du guadalquivir

Pour repondre brievement a Miss Avalanche je dirais que oui je mange pas mal de choses a l´huile et a l´ail et cela m´enchante... je n´écoute pas de la tekno machina a donf toute la nuit mais du rock international et surtout andalou au Perro Andalou ou je bois plus que de raison.

Ensuite je vais me rafraichir l´ame dans la solitude des berges du Guadalquivir.
Seville, en semaine, est une belle endormie.

C´est une sorte de ville de verre qui semble se briser a chaque fois que je m´approche de quelque chose d´essentiel.

les eaux du guadalquivir
ont la mémoire profonde
Elles roulent calmement alors qu´elles savent
La reconquete
le siecle d´or
la guerre civil
et le gris de la dictature
les eaux du guadalquivir
ont des vertus léthargiques
...et c´est pour cela que je voudrais m´y baigner.
les eaux du guadalquivir sont silencieuses
les eaux du guadalquivir sont vertes bouteilles a midi et deviennent sombres avec la nuit.

voici pour le moment.... En plus je déteste les claviers QWERTY et je n´arrive pas
avé lé agsang