Je croise Grégoire* (??!!!) au boulot. C’est un garçon petit et sec. Ses cheveux sont très noir et ses yeux très bleu. Grégoire* est une mini bombe alors forcément j’ai du mal à lui faire face, je baisse la tête et je bafouille.
Je le vois…. Les images de mon passage en Fac resurgissent. Je crois me souvenir d’un t-shirt d’Act Up sur son corps de demie portion. Je crois me souvenir de Grégoire*, qu’il me plaisait, que je l’admirais.
Quand Grégoire* repasse dans l’autre sens et me réclame son manteau je lui demande si il n’était pas à la fac P.V entre 1993 et 1995.
Il répond oui avant même que je finisse ma question. Il tord sa bouche, je me demande si c’est une grimace ou un petit sourire complice, puis Il part vite.
Est-ce moi ou la fac qu’il fuit ?
Je l’ai quand même un peu regardé…il n’est pas vraiment beau mais il pue le sex. Il a aussi l’air d’un gars super bien dans ses pompes et c’est sûrement ça qui m’intimidait il y a une dizaine d’année.
J’ai aussi une image de Grégoire* faisant la bise à mon mec à la terrasse d’un café.
En 2001 je le croise à la piscine.
Il est assis sur le bord du bassin. Je le frôle et j’ai envi de lui demander de me parler de sa relation avec mon mec, si il avait été un ami ou qu’une vague connaissance.
Nous sommes en 2005…….. il vient de partir et je reste avec mes envies de lui et mes questions.
Je n’avais pas croisé ce garçon depuis longtemps, il doit être dans la région pour les fêtes de fin d’année.
*Grégoire….. J’ai pas trouvé autre chose comme nom.
mercredi, décembre 28, 2005
mardi, décembre 27, 2005
Voyageurs
Une nuit d’hivers
Un minuscule Gulliver
S’en ai pris à moi.
Une nuit Don Quichotte
Me grimpe, m’enfonce des moulins
J’en pleure et j’en ris.
Un minuscule Gulliver
S’en ai pris à moi.
Une nuit Don Quichotte
Me grimpe, m’enfonce des moulins
J’en pleure et j’en ris.
J’en pleure
J’en pleure et j’en ris
Un voyageur, un rêveur….
Christophe Colomb, Vasco de Gama, Magellan, La Pérouse, Cook, Charcot, Paul-ÉmileVictor….
L’ogre ?
dimanche, décembre 25, 2005
p'tite info
juste un petit message pour vous dire que les photos de ma ballade de Noel, un moi après la crue, sont en ligne sur un blog éphémère:
http://apreslacrue.over-blog.com/
http://apreslacrue.over-blog.com/
samedi, décembre 24, 2005
pistes de lecture
1.
La plupart du temps quand il lit des romans d’aventures, ou des gros pavés historiques, l’ogre tombe amoureux du personnage qui meurt au deuxième ou troisième chapitre. L’ogre se retrouve alors seul et déprimé pendant les quatre cents dernières pages du bouquin.
2.
L'ogre ne lit pas beaucoup de romans historiques ou d'aventures. Il a bien trop peur de tomber amoureux.
3.
Romanesque:adjectif et nom. Fabbuleux; qui tient du roman:aventures romanesque. Figuratif: rêveur,qui voit la vie comme un roman: esprit romanesque
4.
Tomber amoureux aussi bien et aussi vite dans la vie que dans les romans?
L'ogre est forcément déçu... C'est comme se retrouver au lit avec le petit voisin quelconque après avoir maté des films de cul avec des acteurs surdimensionés et surentrainés pendant des heures.
mercredi, décembre 21, 2005
le rêve du monde

Je sors du boulot à 21 heures et mon portable m’indique qu’on a essayé de m’appeler deux fois et que j’ai un message.
Dans la rue c’est un peu la tempête, le vent froid s’engouffre de partout alors je décide d’attendre d’être dans la voiture pour consulter la messagerie.
Je longe les jardins qui servent de lieux de rencontre homo et je m’imagine un instant louer un des appartements don les fenêtres donnent sur les allés de platanes ou s’adossent les mecs en attendant d’être excités par un nouvel arrivant. Je m’imagine, le pantalon aux chevilles, ouvrant mes fenêtres, créant l’émeute avec mon « appelle au peuple ».
Une fois dans ma voiture, garé devant le consulat d’Algérie (au moins je sais que l’endroit est surveillé) j’interroge ma messagerie. Mes doigts froids ont du mal à tenir le téléphone alors j’enfonce mon cou dans l’appuie tête du fauteuil, cale le téléphone entre le tissus et mon oreille puis enfin je ferme les yeux prêt a écouter.
(Heureusement que le quartier est désert car je dois avoir l’air bien bizarre dans la voiture).
C’est Cess qui m’a laissé un message.
J’entends, en fond, le brouhaha d’un hall d’aéroport. Elle m’explique avec une voix fatiguée mais chaude, qu’elle est a quelques minutes d’embarquer pour Saint Denis (97400 Saint Denis pas 93210 Saint-Denis) pour passer un moi en famille.
J’ai les yeux fermés et j’imagine Cess, immobile dans un terminal d’aéroport, entourée d’une foule hystérique se regroupant ou s’éparpillant dans un bruit de chariots au gré de l’annonce des arrivées et des départs.
Je m’imagine Cess encombrée de ses bagages, faisant la queue en salle d’enregistrement, entrain de me dire sur le répondeur« c’est la merde mais nous sommes des battants ».
J’imagine ensuite être Cess dans cet avion au dessus du Pacifique. Quand je m’imagine être Cess je m’imagine toujours mélancolique alors que ce n’est pas ce qui se dégage lorsqu’on la rencontre « en vrai ».
Je cesse d’imaginer Cess et j’ouvre les yeux : toutes les vitres de la voiture sont couvertes de buées. Je mets la ventilation en route et je me dis que non, je ne suis pas de la race des battants. Avant de démarrer je ferme une dernière fois les yeux pour construire et déconstruire un tas de choses, un tas de gens et les sentiments qu’ils abritent.
C’est un tic, une manière de faire passer l’ennuie ou de survivre.
A un feu rouge je me dit que je vais ressortir d’un carton ma vielle copie d’Under the Cherry Moon de Prince et l’écouter plus tard dans la nuit, juste avant de me coucher.
La nuit d’après est un cauchemar.
Je me réveille avec le brouhaha des aéroports internationaux collé dans les oreilles.
Je pense aussi à Shanghai et à la ville ou j’habite qui m’étouffe.
Je me lève et sort une belle feuille blanche de mon imprimante et j’y dessine grossièrement une mappe monde au marqueur noir que je jette juste après l’avoir terminée.
Mon rêve de monde est fini.
Je peux me rendormir.
mardi, décembre 20, 2005
Chine et Allemagne

J’étais, en fin de semaine dernière invité chez Günter à manger. Günter est un ami allemand qui habite en France depuis des années. Puisqu’il est au chômage et qu’il est bien indemnisé (normalement il est cadre dans le tourisme) il est parti pendant trois semaines en Asie.
Il s’est d’abord arrêter chez son père en Thaïlande puis chez son frère à Shanghai.
J’étais donc tout excité à l’idée de le revoir.
En arrivant chez lui je tombe sur un truc kitch et inutile qui me fait hurler de rire.
C’est une statuette de chat qui bouge la patte gauche. Günter m’explique que c’est une sorte de moulin à prière qui est sensé apporter joie et fortune dans la demeure. On peut aussi agrafer des prières et des requêtes à la patte mobile.
Il ne faut absolument pas que la patte de l’animale arrête de bouger.
Nous commençons à parler de notre attirance pour tous les gadgets un peu étranges, un peu dorés ou lumineux en provenance d’Asie. Nous nous remémorons aussi nos rires et nos émerveillements provoqués par la décoration des restaurants chinois ou nous allons souvent.
Puis, en rentrant dans le salon, il me tend mon cadeau de Noël.
Quand j’ouvre la boite je tombe sur un chat tout aussi doré et kitsch que le sien. Je lui enfonce une pile sous les pieds et sa patte commence ses mouvements frénétiques.
Günter me dit : « Et maintenant tu va faire comment pour ramener le chat chez toi sans arrêter le mouvement de la patte ? »
….. Heureusement je suis un occidental sans peur et sans superstition. J’arrache la pile , le mouvement s’arrête et j’enferme le chat dans sa boite.
(Une fois chez moi la première chose que je fais c’est d’installer le chat dans mon salon. Nous vivons ensemble depuis quelques jours maintenant et il faut absolument que je lui trouve une autre place car je trouve qu’il vampirise tout le salon et que sa patte fait un bruit d’horloge hystérique. Quand je ferme les yeux j’ai l’impression d’être dans la salle à mangé de mes grands parents ou trônait sur la cheminée une grosse horloge baroque).
Quand nous passons à table il commence le récit de ses voyages. Il m’agace car il va trop vite et j’ai surtout l’impression qu’il ne dit pas tout, qu’il reste dans l’approximatif.
Je lui pose une multitude de questions et il répond patiemment. J’en veux encore, il me faut toutes les images et toutes les impressions.
Je ne sais pas si Günter voit que je suis comme un fou, que mes mains sont crispées sur la table mais je le sens étonné par ma soif d’info sur son périple asiatique. Je veux être celui qui a fait le voyage.
Quand il me montre la vingtaine de photos qu’il a prise j’essaye d’en retenir les couleurs et les formes. Il parle et j’écoute. J’ai l’impression de dire « raconte moi Shanghai » comme j’aurais pu hurler « baise moi » au mec le plus bandant de la terre.
J’ai regardé le dvd de Lola, une Femme Allemande de Fassbinder qui est le deuxième volet de sa trilogie consacrée à l’Allemagne. Ce film m’a étonné par l’overdose de couleur qui semble déformer et assombrir l’image. Je crois que c’est un des meilleurs exemples d’utilisation de la lumière pour obscurcir ou cacher au cinéma.
Le film date de 1981 mais ce passe à la fin des années cinquante dans une petite ville. Les luttes entre les architectes, les mairies et les entrepreneurs pour la reconstruction d’après guerre servent de prétexte pour rencontrer une série de personnage déchus.
Ce film c’est un peu L’Ange Bleu après une marée noire de désirs et d’humiliation.J’aime de plus en plus Fassbinder : son écriture (cinématographique ou littéraire) nous apparaît à la limite de la simplicité mais cache des trésors.
vendredi, décembre 16, 2005
Haikus de la nuit de vendredi
Une bête assoupie :
Tes pieds nus dans ma bouche,
Ton corps est viande.
Une bête assoupie :
Tes pieds nus dans ma bouche,
Corps nourriture.
Sommeille ou torpeur
Serait-ce l’éternité
L’œil fixe du poisson.
Sommeille ou torpeur
Le regard fixe du poisson
Me fait bien trop peur .
Tes pieds nus dans ma bouche,
Ton corps est viande.
Une bête assoupie :
Tes pieds nus dans ma bouche,
Corps nourriture.
Sommeille ou torpeur
Serait-ce l’éternité
L’œil fixe du poisson.
Sommeille ou torpeur
Le regard fixe du poisson
Me fait bien trop peur .
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