mardi, octobre 31, 2006

malade, te souviens tu?

Ton nom suspendu
Au dessus de la lande :
Ombre géante.

Souvenir d’une tâche,
Sarcome de Kaposi.
..................................Le dalmatien aboie

lundi, octobre 30, 2006

L’habitat comme souvenir ( 4/ Cité U)


Les autres textes concernant l'habitat comme souvenir sont: la fausse maison du père, les quatres coins du monde et l'enfance.
Ma première année de fac à Montpellier je l’ai passée la Cité Universitaire de Vert Bois. Huit bâtiments au milieu des arbres dans le nord de la ville. La fac de lettre était aussi bien fournie en arbres et en pelouse….année bucolique. ( sans compter les weekends chez ma tante qui, à l’époque, avait un corps de ferme au pied du Pic Saint Loup).

J’étais dans le bâtiment le plus éloigné de l’entrée de la cité U. Mon numéro de chambre était le E-1-12. J’étais donc au rez-de-chaussée et la fenêtre de ma piaule de 9m² donnait sur une haie qui cachait un terrain vague et poussiéreux qui servait de parking et de lieu d’échanges nocturnes pour créatures foireuse. Ce terrain se terminait sur une route qui menait au zoo et, plus loin, au villages dortoirs qui bordent Montpellier.

Inconvenants de ma chambre en rez-de-chaussée ?
1.J’ai passé un an a me battre contre les grosses punaises vertes qui sautaient de la haie sur mon bureau ou, pire, qui s’empêtraient dans les bouloches de la couverte en laine de mon lit.
2. J’ai passé mon temps à flipper pour les cambriolages.
3. L’hivers je ne pouvais pas utiliser mon rebord de fenêtre comme frigo.

La cité U devait dater du début des années 70 avec son sol de petits carreaux de couleurs sombres et ses encadrements de portes bleu pétrole. Les chiottes et douches collectifs était vieillots mais propre. Nous avions deux plaques chauffantes pour une dizaine de chambres et les petits gredins ayant des appareils électroménagers planqués dans leurs chambres étaient sévèrement punis.
Bref….une vie d’étudiant.

La cité –U c’est un peu la vie en communauté et, n’étant pas très sensible aux étudiants de mon bâtiment, la chambre E-1-12 est vite devenue le carrefour de mes amis des autres bâtiments et de tout les farfelus ou paumés du nord de la ville.
Ainsi j’ai connu un gars, Laurent, à la suite d’une embrouille digne d’un canevas de Commedia Dell’arte. Ce gars (apparemment) me ressemblait et dans la nuit du Parc de la Cité-U son dealer m’as confondu avec lui et je me suis retrouvé avec deux barrettes de shit dans les mains sans avoir rien demandé. Une minute plus tard je croisais un gars se lamentant à la lueur d’un réverbère… il s’appelait Laurent et maudissait son dealer qui s’était volatiliser…. Nous avons traînés ensemble toute l’année.
La cité-U est aussi une tour de Babel ou toutes les langues ( et les corps) se mélangent, un endroit aussi ou j’ai appris les après-midi interminables a faire le tour des bâtiments pour boire des thés aux noms fabuleux chez des amis intellos et peu motivés par la vie d’amphis.

C’est aussi l’endroit ou j’ai reçu le plus de visites de mon grand-père. Il était encore en forme et sa maison de retraite était à quelques minutes à pied. Après sa ballade au Bois de Montmaur il suivait la route sur un kilomètre pour venir s’asseoir sur un banc de pierre au milieu de se parc de cité-u. Il attendait patiemment que je rentre de la fac en relevant les étudiantes. Il n’était pas rare que je le trouve en pleine discutions avec des étudiantes charmées par l’érudition du vieux !
J’ai très peu de souvenirs de ces heures passées avec mon grand-père, de ces heures « neutres », loin de la maison et des schémas familiaux, ou je pouvais me confronter au vieil homme sans me sentir fils de ma mère ou cousin des enfants de mes tantes.
J’ai très peu de souvenirs mais j’ai beaucoup appris de cet homme qui d’habitude était patriarcale, intransigeant, dur et coléreux.

C’est dans cette petite chambre que j’ai couché avec Eurydice. Drôle de nom pour une drôle fille. Elle était gothique, un peu boulotte et assez masculine même si elle portait des sous-vêtements délicats et aux couleurs pastels. Ça m’as beaucoup déstabilisé de découvrir sur cette fille au fond de teint blanc,aux yeux cerclés de noir, fan de The Cure et Cypress Hill, une culotte bon marché d’un rose surnaturelle.
Pendant que je la touchais maladroitement j’étais distrait par une émission de France Inter. Je m’ennuyais ferme. A la fin de notre « gymnastique » elle pleurait mais semblait heureuse. Pour elle s’était la première fois…. Moi je me suis senti un peu comme un escroc, un bonimenteur… Je me suis senti extrêmement mal à l’aise.
Le lendemain je croise une amie qui me dit qu’elle à croiser Eurydice et sa copine. Vu la tête que j’avais elle a rajouter : « ben oui…Eurydice est Lesbienne…Ça te dérange ? »
Etrangeté des situations.

samedi, octobre 28, 2006

étranges moments


En ce moment j’ai peur que le noir de la nuit me vole ce qui reste en moi.

Je n’écris pas grand chose en ce moment. Pas grand chose de valable ( ça doit ce ressentir dans ce journal électronique).
Je m’écris des destins que je ne pourrais jamais m’offrir.

Je pense à la frontière fragile des corps. étranges moments.
Je repense à quelques pages déjà écrites, une histoire de « frontière(s) ». Encore un projet qui traîne……….

mercredi, octobre 25, 2006

quelques fins

En fait je n’ai pas gueulé contre mon collègue. Je suis arrivé un peu en avance et je l’ai regardé mollement sans dire grand chose.

Suite à ça je suis retourné ce matin à la médiathèque et, en rendant Zoo de Marie Darrieussecq, j’ai lancé à la dame derrière sont comptoir : « Bon, le cd est un peu rayé mais quel son ! »

La dame me regarde avec surprise et hausse les épaules. Pendant que je sors de la médiathèque je me dis que peut-être elle est entrain de trifouiller son ordinateur pour ajouter sous mon nom une note stipulant que je suis un asociale caractériel et un gros lourd.

Aucun rapport ….

mais voici deux citations que je recopie ici avant de perdre ce bout de papier retrouvé coincé sous le pied de mon lit.

Christine Angot Les autres p.110
« Il est mort du sida, il avait un Perfecto, il a voulu qu’on l’incinère avec. Si on prends l’urne dans les mains, si on l’agite, ça fait un bruit métallique. Les boutons-pression n’ont pas fondu. »

Christine Angot Les autres p.139
« Il aime les gens qui écrivent beaucoup. Mais il a remarqué qu’a force d’écrire ses yeux s’injectaient de sang. Ecoutez : « J’aime les gens qui écrivent beaucoup, car je sais que ce sont des martyrs. On dira qu’ils le font pour de l’argent, car on ne peut pas vivre sans argent. Je dirai avec les larmes aux yeux que ces gens sont pareils au Christ en croix. »

lundi, octobre 23, 2006

mauvaises nouvelles des canisses

Fin de journée j’ouvre les fenêtres de l’appartement pour laisser passer l’air. .. Je m’en mordrais sûrement les doigts plus tard dans la nuit lorsque je rentrerai du travail et que je trouverai les lieux froids.
La nuit dernière, voulant m’aérer la tête entre la fin du boulot et le lit je suis sorti dans mon espèce de jardin suspendu. Entouré par l’humidité je me suis pris la tête en essayant de remettre droite ma canisse de bambou. Je me suis ensuite accoudé au muret pour regarder les lumières rouges de la tour de télé perdue dans la brume.
J’ai eu envi d’une clope. Une véritable envie….. cinq bonnes minutes à me demander ou en trouver une a cette heure…. Puis je me suis rappelé que j’avais arrêté de fumer le 19 juin 2001.
Merde.
Je suis ensuite parti bien vite me coucher à cause de des drôles d’emplois du temps de mes lundi.
Lundi midi…. Je mange en ville avec une copine….je passe mon temps à jouer avec son briquet.

Il faut que je me calme. C’est ce que je me dis chaque jours en ce moment….Ca doit être une chose de ne pas se reconnaître quand on se regarde dans une glace mais c’est assez terrible de ne pas reconnaître ses propres mouvements, ses propres humeurs. C’est périlleux de ne jamais savoir comment l’on va réagir à chaque fois que l’on est en contact avec l’autre. Je ne me fais pas confiance en ce moment. Envers l’autre je suis capable du pire….. ça me donne une idée : je vais me jeter avec mon collègue ce soir en arrivant pour prendre le relais…. pour le plaisir de le voir bafouiller
Ca me calmera pour quelques heures.

samedi, octobre 21, 2006

petit conte du samedi

L’endroit était classe. Il n’y a pas d’autres mots.
Construit dans la première moitié du dix-neuvième siècle il s’étendait sur au moins 650 mètres carrées. Une seule et énorme pièce protégée des intempéries par une structure de fer. Entre les piliers, les quatre murs sont de briques et , tout autour du bâtiment, juste en dessous du toit, courrait une verrière qui transformait les rayons du soleil en lumière spectrale.

L’endroit était classe puis était vide. J’ai longtemps cherché le poinçon de l’architecte en faisant glisser mes mains sur le bas des colonnes de fer et, plus tard, lorsque les ouvriers montèrent les échafaudages, en scrutant le moindre détail de la décoration ronde et paresseuse des arcades rouillées qui soutiennent le toit légèrement incliné.

Je passais mes journées là-bas. Quand, pour des raisons tristement professionnelles, je devais m’absenter et quitter des yeux ce bâtiment que j’avais finis par appeler « mon vaisseau fantôme », je calais dans mon sac les deux énormes livres sur Gustave Eiffel et sur les réalisations de Victor Baltard.

Car il s’agissait bien de cela, j’étais envoûté par une ancienne halle au squelette de verre, de fer et de fonte. Cette jolie carcasse se trouvait pas très loin de chez moi, a deux minutes après avoir traversé le fleuve par le pont Jaume 1er .

Jusqu'à l’hiver dernier c’était les abattoirs alors, forcement, ne supportant pas l’odeur de la viande, je ne m’y rendais pratiquement jamais. Les bouchers sont partis et les services municipaux sont venus démonter les cloisons et le mobilier puis ont laver l’endroit à grande eaux.

J’ai passé tout l’été a rêver dans l’immensité du lieu pendant qu’a la mairie s’opposait les amoureux du patrimoine et les spéculateurs immobiliers. Finalement les échafaudages n’ont pas été montés pour faciliter la restauration comme je l’avais pensé au début mais pour démonter cet étrange édifice-mécano.

Dans deux semaines il ne restera rien.
Un artiste local, en vue de la création d’une statue à la gloire du maire, a déjà réservé la fonte; les plaques de verre, une foi nettoyées et surtout décapées permettront au Conseil Général de faire légèrement baisser le devis de la Salle Britney Spear dans le chantier d’agrandissement de l’Auditorium Camille Saint-Saëns.


Dans deux semaines il ne restera rien de mon vaisseau fantôme. Je sais que je continuerai a errer sur les lieux quelques temps puis les nouveaux bâtiments sortiront de terre.
Je pense déménager bientôt.

Je pense partir vivre à Paris, sûrement chez un ami qui habite près du canal de l’Ourcq. Je ne serais pas loin du Parc de La Villette et de l'archiecteure de la grande halle sauvegardée. Mais pourrais je être un jour consolé?

J’apprends dans le journal local que l’Ecole des Beaux Arts va s’installer ici, sur les ruines de mes Abattoirs.
Je suis sûr que le quartier prendra son nom.

-Tu habite ou ?
- Moi, j’habite aux Beaux Arts….


C’est joli et puis de toutes les façons on s’y fera….
Moi ça me fait mal à l’oreille… Moi j’habite aux Abattoirs….et jusqu'à la fin de ma vie je dirais que j’ai habité aux Abattoirs…c’est tellement plus parlant

mercredi, octobre 18, 2006

brèves décalées

Samedi après-midi à la médiathéque

L’ogre :Bonjour ! j’avais réservé un livre et regardant ma fiche lecteur ce matin sur le net j’ai eu l’heureuse surprise de constater que le volume est enfin là !

Médiathèque girl : Wouais….c’est quoi ?

L’ogre : « Zoo » de Marie Darrieussecq

Médiathèque girl : Wouais….Jazz ou musique du monde ?

( a ce moment là l’ogre a eu envi de dire que c’était du Folk Amérindien….. mais, sagement il répondit : )

L’ogre : Littérature française.

Médiathèque girl : Wouais….ya pas mal de bouquins dans l’armoire des réservations…. Ça m’aiderais si vous pouviez me dire à quoi ressemble le livre.

L’ogre :…..a un livre…. De chez POL…. Marie Darrieussecq c’est toujours chez P . O . L

Médiathèque girl : Et la couverture yakoi dessus ?

L’ogre :…..je ne sais pas

Lundi soir au boulot de l’ogre

Collègue :Tu savais que les camés ils pouvaient avoir des produits de substitution

L’ogre : …oui.

Collègue : Je viens de voir un reportage dessus… les drogués….ils peuvent avoir accès a de la bétadine.

L’ogre : De la bétadine… t’es sur ?

Collègue : oui pourquoi ?

L’ogre : c’est pas plutôt la méthadone…. Parce que la bétadine c’est une sorte de désinfectant un peu comme.. un peu comme l’hexomédine ou le mercure au chrome…

Collègue : tu veux dire que l’on donne du mercure au chrome aux camés pour qu’ils arrêtent de se shooter !

L'ogre:…. Sinon…c’est quand tes prochaines vacances….



Pendant longtemps, j’ai travaillé sur le thème du vide, et sur deux questions : « que faisons nous quand nous ne faisons rien », et « où est le centre de la terre. »"

Petit extrait d’un interview de Marie Darrieussecq…. A qui je devrais présenter mon collègue.