mercredi, septembre 28, 2005

lettre à mon père


Bientôt un an que tu es mort…. Trois jours avant ton entrée à l’hôpital je me disais : « En ce moment il ne se passe rien. ». Maintenant quand la vie ne va pas assez vite pour moi je gueule un bon coup mais je ne dis plus : « En ce moment il ne se passe rien. ». Suis-je un brin superstitieux ?

Bientôt un an que tu es mort…Ma sœur est venue te voir pendant l’été, elle avait sûrement sentie que tu étais au bord de la vie.

L’année dernière, à la même époque, ta femme m’a téléphonée. C’était la première fois.
Sa voix était encore plus petite que d’habitude. Elle m’a dit que tu avais fait un ou deux allers-retours à l’hôpital pendant l’été. Je ne le savais pas. Elle m’a dit qu’elle ne voulait pas m’inquiéter… quelle bonne intention.

Comme elle avait pris l’initiative de me téléphoner j’ai compris que pour toi c’était foutu.

Sur l’autoroute il a plu pendant tout le trajet. Je suis entré dans une Toulouse froide et grise.
Je me souviens de la lumière violente du néon bleu « Clinique Pasteur » qui se détachait du reste de la ville.

Tu étais maigre et tout petit dans ton lit.
Ta tête et tes mains étaient énormes par rapport au reste de ton corps cassé. A des moments tu es conscient, à d’autres non….
Tu sembles content de me voir, c’est peut-être l’essentiel.

On parles de tout et de rien, tu me dis : « tu a vu dans quel état je suis » et puis « bientôt je rentre à la maison ».
Tu me dit « quand est-ce que tu te mari ? » et puis tu confond les motifs de la tapisserie de la chambre avec des cartes d’état major. Tu commences à parler de l’Algérie.

Tu es fou. Tu es petit. Ta femme te couve comme un enfant. C’est la seule que tu regardes avec de grands yeux ronds. Tu commences à voir du mal à parler mais tu articules « elle est formidable »…puis tes lèvres bougent en silence et à l’infinie.

Je n’arrive pas à trouver ma place. Ta femme est bien trop présente, tu es son malade et non le mien.

La nuit tombe.
Je dis à ta femme que je vais dormir chez des amis. C’est faux.
Je marche un peu sur les boulevards proche de la place Wilson puis je prends la voiture pour aller dormir sur une aire d’autoroute.

Je téléphone à ma sœur qui est toujours chez elle en Bretagne : Elle descend le lendemain, mais elle arrivera le soir quand je serais déjà parti.
Je sais déjà que je la verrai seulement pour ton enterrement. (Je n’ai pas vu ma sœur entre l’enterrement de mon frère et celui de mon père.)

Je m’endors.
Je dors très bien, très profondément.

C’est la pluie qui me réveil vers les neuf heures.
Avant de rentrer à la Clinique Pasteur je fais un tour dans le supermarché collé tout contre. J’y acheté un eau de toilette pas chère pour essayer de masquer un peu la nuit passée dans la voiture.
Tu me parles un peu.

Tu t’énerves contre ma sœur, tu me dis que c’est une feignante, une profiteuse qui veut encore te gratter de l’argent. Tu es méchant et haineux.
J’imagine que je dois en prendre plein la gueule quand je ne suis pas là pour entendre.

C’est midi.
J’arrive à persuader ta femme de renter un peu chez elle. Je reste seul avec toi. « Tu es si faible. Je pourrais me venger »…c’est une phrase qui me traverse l’esprit. J’essaye de m’en débarrasser vite.

J’ai l’impression que j’ai attendu cet instant toute ma vie. Je me dit que les années ont passées et que c’est moi qui à le pouvoir maintenant.

Qu’est-ce que je pourrais te faire ?
Un énorme coup qui te déchire la tête ?
Je rigole.


Ton repas arrive. Je te fais manger. Tu es vraiment un tout petit enfant. Ta bouche cherche la cuillère puis, une fois sur deux, tu recraches tout car tu n’arrives pas à déglutir.

C’est la première et dernière fois que je te donne à manger.
Combien de fois m’as-tu donné à manger ?
Fin de cycle ?
(C’est symbolique…C’est important, je crois, cette histoire de nourriture. Ma sœur me dira, pendant les longues minutes de l’incinération, combien cela lui a fait plaisir de te donner ton dernier repas.)


Il doit être trois heures de l’après-midi…ta femme est de retour.

Je t’embrasse de manière maladroite. « Au-re-voir-pa-pa ».
J’articule à l’extrême.
Je ne pense même pas a rajouter « je reviens te voir bientôt ».
Peut-être que je sais qu’il est inutile de te mentir, moi qui t’ai menti toute ma vie pour me protéger.
« Au-re-voir-pa-pa ».


Je joue au fils pressé. Tu ne me réponds plus. Tes yeux, tes yeux quasi aveugle, accroche les miens et ta main cherche frénétiquement mon avant bras.

« Au-re-voir-pa-pa ».Je ne comprends pas ton regard.

Je traverse le couloir. Je me demande à quoi pense un père qui voit son fils pour la dernière fois. Le savais tu que c’était pour la dernière fois.
Je traverse le couloir.
Dans l’escalier je pleure enfin. Je me dit « c’est la dernière fois que tu vois ton père vivant ».
Je pleure….ce n’est pas toi qui me bouleverse, c’est la situation :
Toi et moi nous nous sommes croisés et c’est tout. J’ai tellement rêvé de ta mort et celle-ci me fait peur maintenant.
Je sors de Toulouse.


Trois jours après je suis entrain de déposer le cheque de ma paye à la banque quand ma sœur me téléphone pour me dire « ça y est. »
« Ca y est »…expresión bizarre.
Je suis soulagé.
J’oubli de signer le bordereau de remise de chèque.

Dans une autre vie tu a été pharmacien militaire il y a donc deux ou trois guignols en uniformes avec des drapeaux pendant la cérémonie. Le cercueil disparaît dans les flammes…. Je me dis « la salle a été refaite depuis la mort de mon frère Loïc ».

La musique que l’on entend c’est toi qui l’as choisie. C’est chiant, de la musique classique un peu soupe comme dans les ascenseurs des gratte-ciels.


Un an après je suis en colère, je suis rempli d’une multitude de sentiments obscures et tremblants.
Je te déteste d’avoir bousillé les trente ans de ma mère. Je te déteste de ne pas avoir su t’arrêter de boire pour elle et plus tard pour moi. Ma mère a dut beaucoup t’aimer pour t’attendre et te supporter aussi longtemps. Toute ta vie tu a été un faible.
Et c’est normale que lorsqu’on est faible et qu’on devient militaire, même si c’est pharmacien militaire, ça se termine de manière dramatique.

Je ne peux pas te pardonner d’avoir coupé ma mère de ses amis, de toute vie sociale à cause de ton alcoolisme. Ton alcoolisme… tu ne m’en a jamais parlé, même à l’adolescence ; c’est ma mère qui l’a fait et puis j’ai mené mes enquêtes tout seul. Je te déteste pour ce que tu a fait, ou faillit faire a ce fils de collègue quand tu étais en poste à Brazzaville.
Un militaire alcoolique, beauf et vicieux… Je te déteste pour avoir obscurci la vie de ma tante lorsqu’elle avait quinze ans. Tu était tellement saoul que lorsque tu lui a touché les seins il a suffit qu’elle te pousse pour que tu tombe.
Tu es l’homme qui me dégoûte le plus. A l’adolescence un prof m’a affirmé que l’alcoolisme était héréditaire et c’est là que ma mère m’a dit que génétiquement je n’étais pas ton fils puisque, à cause de l’alcool tu étais devenu stérile.
A partir de ce moment là, je me suis senti plus fort préférant une ascendance inconnue plutôt que la tienne. Tu n’a jamais su que je savais… j’ai eu pendant des années cette info sur le bord des lèvres prête à te blesser dans ton tout petit et tout bancal cœur de père.
Je suis faible moi aussi, je n’ai jamais pu me décider a te dire « au fait, je sais que tu n’est pas mon père ». Je n’ai pas réussis à te faire du mal directement alors je l’ai fait de manière plus discrète par de petites phrases puis par mon éloignement.

La seule fois ou tu ne m’a pas dégoûté c’est quand je t’ai vu pleurer à la mort de ton fils… je t’ai trouvé pathétique.

Je te déteste pour ton laisser-aller.
Tu ne t’ai jamais accroché à rien, ni a tes combats, ni a tes haines ou à tes amours. Tu as abandonné la bataille juridique pour essayer de revoir ta fille et ton premier fils.
Les difficultés devaient être énormes mais avais-tu le droit d’arrêter de battre ? Ta fille a grandie d’un seul coup en passant des années a faire ton boulot : protéger son frère. Je me dis que c’est peut-être tant mieux….. De quelles manières aurais tu saccager ta fille si elle avait passée son adolescence à tes cotés?.

Tu peux me dire que c’est pas mon histoire, que je parle ici de ta vie d’avant et que je n’ai peut-être pas toutes les cartes pour comprendre mais je ne peux pas m’empêcher d’y penser, de juger.

Il ne faut pas juger ses parents. Ici je te juge : tu a fait trois enfants don tu ne t’ai pas occupés. Tes deux premiers gamins t’ont été enlevés …moi, j’aurais rampé enfin pour les récupérer.
Je t’en veux de ne m’avoir jamais écouté les peu de fois ou j’ai eu envie de parler.

Je t’en veux aussi de n’avoir jamais essayé de bousculer un peu mon silence lors de mes séjours chez toi à l’adolescence.
Un jour tu a dit : « les pédés se sont des pousses-merdes. »


Un jour, je devais avoir 5 ou 6 ans, nous étions au bord de la rivière et, souhaitant me montrer comment faire un ricochet, tu m’as donné un coup à la tête sans t’en apercevoir. Ca m’a fait mal et j’ai pleuré. Tu m’as alors secoué par les épaules et tu m’a dit « on ne peut rien faire avec toi, tu pleure tout le temps, tu fais toujours des chis-chis, tu as peur de tout, t’es qu’une gonzesse. » J’ai tellement eu peur quand tu m’as secoué que je ne t’ai pas dit qu’en fait tu m’avais tout simplement fait mal en me donnant un coup.
Tu ne l’as jamais su.
Je t’en veux énormément pour ça.

A chaque fois que je passe au bord de la rivière, sur la petite plage de galets de Saint Jean, j’y pense. Je me dis aussi que si un jour j’ai des enfants….non je ne dirais rien. Je ravalerai cette anecdote tout en gonflant leurs brassards.

Papa, tu a toujours été rustre et vulgaire. J’ai mis des années à m’apercevoir qu’un homme pouvait, comme les femmes, être intentionné, doux et surtout cultivé.
Nous sommes deux lignes parelles. Nous ne nous sommes jamais rencontrés.
Peut-être que nous nous sommes croisés qu’une seule fois : le jour ou tu as eu un geste déplacé. C’était à Toulouse l’année de mes douze ans. L’as-tu vraiment eu ce geste ? Est-ce moi qui ai mal interprété ?
A partir de cet instant tu n’as plus jamais rien su de moi, de mes attentes, de mes désirs et de mes cauchemars.
Mes cauchemars c’était toi. Mon fardeau c’était de perdre un ou deux jours pour venir te voir à Toulouse.


Je peux te le dire maintenant : « papa je ne t’aime pas. J’ai longtemps aimé un homme et il est mort dans mes bras ».

Je cherche un ou deux bons souvenirs avec toi, une promenade, une découverte, une complicité….Il y quelques images à Lyon ou à Saint Malot mais ce sont des souvenirs plus liés a mon frère ou à ma sœur qu’a toi. Je n’ai aucun souvenir plaisant avec toi seul. A la maison j’ai ré ouvert les albums de photos et ils sont remplis d’instantanés de bonheur. Mais c’est comme si ces photos étaient des montages ou des trucages, elles ne me rappellent rien. Il n’y a que celles avec ma mère ou aujourd’hui encore je ressens l’électricité et la chaleur de l’amour. Ce qui est étrange c’est que les photos où je suis avec ma mère, les photos qui me font trembler, c’est toi qui les as prises.
Tout ce que je raconte ici, tout ce que je te reproche j’ai du mal moi-même à y croire quand je regarde les photos. Celles ou nous sommes tout les deux c’est maman qui les a prisent. Ce sont sûrement des instantanés du bonheur d’un couple avec enfant au cœur des années soixante dix. Comment a-t-on fait pour détruire tout ça, pour anéantir le bonheur de ma mère ?
Peut-être que j’ai eu de merveilleux moments avec toi lorsque j’étais tout bébé, mais tu ne me les as pas laissé emmener dans l’age adulte.

Depuis quelques années j’avais trouvé mon rythme, je venais te voir une fois dans l’hivers et parfois une seconde fois dans l’été. C’était presque une cérémonie, il n’y a rien de mieux pour cacher sa colère que le protocole. Je ne restais pas longtemps car ton emphysème te faisait souffrir. Je t’accompagnais jusqu'à ton fauteuil ou ton lit, tu branchait ton énorme machine a oxygène et je partais. Depuis deux ans j’avais rajouté une étape a la cérémonie de nos têtes à têtes : j’allais au sauna avant de reprendre le train ou la voiture pour essayer de me séparer de ton odeur, et de la maladroite embrassade qui concluait ma visite. Dans ces saunas il y avait de très jolis garçons mais ma tête chavirée et triste devait les dégoûter bien plus que mon corps.
En fait je crois que je suis venu te voir surtout pour faire plaisir à ta femme, pour qu’elle ne se sente pas trop abandonnée ou isolée avec un lourdaud comme toi.
Ces dernières années nous avons eu une relation d’adulte à adulte, assis face à face avec une table basse entre nous, une relation de rien. Je n’ai pas de table basse chez moi ainsi je peux m’élancer et étreindre qui je veux sans me gameller ou me niquer le tibias.

Je me rends compte qu’a part : « J’espère que tu va bien, j’ai bien repris l’école, embrasse ta femme » je n’e t’ai jamais écris une lettre pour te faire part de mes angoisses ou de mes bonheurs.
Je ne t’ai rien dit.
Tu es mort et je ne t’ai rien dit.
C’est peut-être dommage.
C’est peut-être tant mieux car de toutes façon tu n’aurais rien compris ou rien entendu. Tu es mort sans connaître mes mouvements et mon monteur…. Et je n’arrive pas a me faire une opinion là dessus.
Il y a beaucoup de choses te concernant sur lesquelles je n’arrive pas à avoir d’avis ; à la place j’ai un rien, une bouillie de vide.
Tiens…il y a quelques années j’avais écrit un court texte intitulé « la lettre du père ». Je ne me rappelle pas de son contenu exact. Il va falloir que je le retrouve.

A chaque fois que j’ai voulu un contact ou de la tendresse je me suis toujours retrouvé humilié ou avec la sensation d’être sale. Tu ne peux pas imaginer le nombre de douches que j’ai prises, le nombre de fois où je me suis lavé les mains et la figure.

A chaque fois que j’ai voulu te voler, poser ma tête contre ton épaule j’ai eu l’impression d’écraser ma tête contre une vitre un matin d’hiver… le froid, quittant le front, se diffuse peu à peu, vers dans le visage et dans le cou.
Avant que les pompes funèbres referment le cercueil, j’ai fais ma dernière tentative pour t’embrasser : le froid de ton corps s’est diffusé dans le mien. Ce dernier baiser est un échec. Quand l’homme que j’ai aimé et mort je l’ai embrassé et j’ai eu l’impression d’inonder de chaleur son pauvre corps mort.
Pour résumer tes étreintes ont étés rares, toujours synonymes de dégoût et, un jour, d’ambiguïté.
Un seul jour.
Je ne sais pas.
Je n’en suis pas sûr.
(N’est-ce pas seulement la prière d’un petit garçon devenu grand pour que son père s’occupe de lui ?)

Et puis, comme je suis comme tout le monde, je suis jaloux. Le jour de ton enterrement j’ai faillit crever de jalousie quand j’ai vu le monde qu’il y avait. Tant de monde que je ne connaissais pas, tant de monde que tu avais aidé.


Pardon ?
Aidé, oui aidé….tu entends bien.
On m’aurait donc trompé sur la marchandise ?
Non… tu n’as peut-être pas connu ton père à la bonne époque.
Je n’ai pas choisi.


Apparemment tu t’es rattrapé pendant les dernières années de ta vie, tu a fait le bien autour de toi. C’est dommage, moi j’étais déjà parti.
Je me suis senti étranger au milieu de la communauté Cambodgienne de Toulouse. Tu les as tous aidé à trouver des apparts, des boulots ; tu as fait du soutient scolaire pour les plus jeunes et tu les a soutenus dans leurs études supérieur. Ils étaient tous sincèrement désolés de ta disparition. Je me souviens que beaucoup demandaient à ta femme qui j’étais.


Ma sœur avait l’air heureuse de trouver dans ces gens la preuve matérielle du bonheur de la dernière partie de ta vie. Elle était heureuse et apaisée que tu ai réussit enfin a te construire une famille. Peut-être me faut –il pas mal de temps et de haine cartographiée avant d’atteindre cette sérénité et d’être sincèrement heureux pour toi.

Tu as de la chance que ta fille, celle sur qui tu as dit tant de mal trois jours avant de mourir, semble te tenir rigueur de rien. Peut-être qu’elle a attrapée des choses qui m’échappent. Peut-être que finalement tu a des circonstances atténuantes.

Souvent tu m’appelais par le prénom de mon frère. J’attendais que tu le répètes deux ou trois fois avant de lancer sur le ton le plus glacial « non, je ne suis pas Loïc. » Loïc était ton fils mais vous étiez frères de bouteille. Pourquoi me confondre avec lui et surtout pourquoi toujours me confondre avec lui. Tu ne m’a jamais appelé « l’ogre » tu m’a toujours appelé « oh ? Excuse-moi l’ogre ».
Et puis LoÏc est mort et tes lapsus sont devenus encore plus fréquents. Moi aussi j’en avais plein la bouche des lapsus : souvent, au lieu de t’appeler papa j’avais ton prénom qui me venait jusqu’au bord des lèvres, histoire de mettre de la distance entre nous.

Je ne vais pas relire cette lettre. Je suis déjà assez fatigué de l’avoir écrite. Elle restera comme ça avec ses « photes » d’orthographe, de grammaire, de conjugaison et de syntaxe parce que je suis nul en français et que je n’ai pas envi de faire d’effort pour toi.

Après t’avoir traité de lâche tu peux me répondre que j’en suis un aussi car je n’ai pas eu le courage de te dire tout ça.
Peut-être que je ne t’ai pas dit tout ça car j’étais conscient que cela aurait pu t’anéantir.

Je crois que cette lettre n’est pas digne d’un gars de trente ans. Je ne m’y trouve pas très mature.
Mais peut-on parler de son père de façon mature, en faisant semblant d’avoir réglé tous les problèmes ?


L’ogre.

p.s : Qu’est-ce que tu m’as transmit ? Rien. J’aime bien cette phrase car elle t’annule. Tu ne m’as rien appris. Tu ne m’as pas offert grand-chose si ce n’est des heures d’insomnie. J’aimerai bien avoir le courage de demander à ma sœur si tu lui as transmis quelque chose d’essentiel ou de positif. J’ai peur de la gêner ou de lui arracher une réponse triste car j’ai vraiment l’impression que tu as gâchés tes enfants.

Papa, tu es une supercherie qui a gâchés ses enfants.

5 commentaires:

Plouf a dit…

Très beau billet...
Je ne sais pas si c'est la proximité de Laura Palmer, mais j'ai énormément pensé à Lynch pour la scène à l'hopital.

Anonyme a dit…

on ne doit pas parler de son père ainsi. Les pédés ont tous des problêmes avec le Père. Tu dois être cinglé.

Anonyme a dit…

...................................
Tu me laisses sans voix ! Continues d'emmerder ceux qui disent " on ne doit pas ... " ; ou je les emmerderai pour deux !
prends soin de toi.
Bisous pleins d'amour et de tendrese.
Cess .

Anonyme a dit…

Dur, dur...
Ne te sens pas lâche, ton père n'aurait sans doute pas pu entendre ce que tu avais à dire.
Comment te sens-tu ? C'est difficile d'arriver à mettre en mots sa douleur. Formuler c'est déjà arriver à éclaircir ses angoisses pour pouvoir en parler et s'en éloigner peu à peu. Donc ce doit être un début de soulagement même s'il reste d'autres lettres à écrire.
J'ai perdu mon père il y 5 ans. Je m'aperçois aujourd'hui que je ne le connaissais pas si bien que cela : tant de questions qui resteront sans réponses. Par ton témoignage difficile, tu nous forces à ouvrir les yeux sur nos proches, à interroger même s'il n'y a jamais de réponse simple.

Anonyme a dit…

waouw...Que de choses j'apprends et j'en suis content. Que de choses je me questionne et me dis la vie est parfois conne. Conne...non. Bonne...non plus. Elle est. Bon ba ça m'éclaire toujours pas sur mon père.Plutôt si. Je me dis c'est loin d'être fini...L'Arlequin;